Oui, mon corps est moi-même et j’en veux prendre soin : Guenille si l’on veut ; ma guenille m’est chère.

                                                                     Molière

LA REFLEXOLOGIE AURICULAIRE

Les origines de la stimulation auriculaire sont diverses et la racine initiale de cette pratique est incertaine. Des écrits témoignent de l’existence de telles pratiques dans l’Egypte Ancienne, rapportées par Hippocrate, comme par exemple la diminution de certaines douleurs par stimulation de points au niveau de l’oreille ou encore la prise en charge de l’impuissance par de petites saignées de l’oreille.

 

Dans la médecine traditionnelle tibétaine, les oreilles des enfants étaient examinées par les médecins pour diagnostiquer l’état de leurs organes internes.

Les Chinois, très observateurs, ont largement participé au développement de cette méthode

thérapeutique à la suite des travaux du Professeur Nogier, en France. Les cartographies définies

dans ces deux pays se ressemblent à beaucoup d’égards. Les différences majeures tiennent de

la façon d’appréhender la douleur, différente en France et en Chine : en France, le bénéficiaire va

consulter en cas de douleur aigue, tandis qu’en Chine, le médecin est très régulièrement consulté

afin de gérer l’état de santé de façon continue et prendre en charge les troubles chroniques, même

en l’absence de crise symptomatique. On dit même qu’à l’origine, le médecin n’était plus payé

lorsque les personnes étaient souffrantes (Dr Kespi, 2008). C’est pourquoi une même zone réflexe

peut se trouver en deux endroits, toutefois très rapprochés, dans ces deux cartographies différentes.

Au Vietnam, c’est le Docteur Bui Quoc Chau qui s’inspire lui aussi de la cartographie de Docteur Nogier pour créer, en 1980, une cartographie complète de l’oreille, sur laquelle il base sa méthode de stimulation (instrumentale) appelée Dien Chan Lieu Quen Lieu Phap. La stimulation se fait principalement avec des aiguilles, puis des instruments un peu moins invasifs.

 

En Occident, l’intérêt pour de nombreuses publications mentionnant des traitements thérapeutiques basés sur l’oreille retombe rapidement par manque de bases scientifiques. A la fin du XIXe et début du XXe siècle, des médecins procèdent à une cautérisation auriculaire ou rétro-auriculaire afin de diminuer les douleurs sciatiques, notamment au Portugal et en Italie.

 

C’est en 1951, après avoir reçu de nombreux patients ayant subi une cautérisation au niveau de l’oreille et affirmant avoir été soulagés de névralgie sciatique que les médecins de la région lyonnaise se repenchent sur le sujet. L’un d’eux, le Docteur Paul Nogier, reconnu mondialement comme le « père de l’auriculothérapie » établit alors la correspondance de la colonne vertébrale avec l’anthélix, puis de tous les autres points du corps, schématisant ainsi la représentation d’un fœtus inversé, avec le crâne au niveau du lobule et la colonne au niveau de l’anthélix.

Il définit, vingt ans plus tard, une somatotopie précise de l’oreille, c’est-à-dire la représentation de l’innervation des différentes zones du corps sur l’oreille. A travers ses recherches, il découvre également que l’organisme est sensible à sept fréquences, maintenant utilisées lors de stimulations réflexes (détecteur fréquentiel).

 

L’auriculothérapie a ensuite été reconnue en 1987 par l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS). 

 

Sonia Fischmann s’est inspirée de ces courants occidentaux (Nogier) et orientaux (médecine traditionnelle chinoise, Bui Quoc Chau) pour développer ses propres techniques de stimulations auriculaires, visant au maintien de techniques efficaces tout en trouvant une alternative à l’utilisation des aiguilles, et enseigner sa méthode depuis 2009.

carto chinoise oreille 2.jpg

LA REFLEXOLOGIE PLANTAIRE

Tout comme l’auriculothérapie, l’histoire de la stimulation plantaire se construit en Orient comme en Occident.

 

Des traces de la stimulation de ce microsystème, plus ou moins rudimentaires, ont été retrouvées dans plusieurs cultures et montrent, entre autres, qu’une forme de réflexothérapie plantaire était déjà pratiquée pendant l’Antiquité, notamment par les Egyptiens et les Chinois. Des hiéroglyphes représentant des thérapeutes en train de pratiquer des techniques plantaires (comme palmaires) ont été observés à Saqqarah, dans le tombeau d'Ankhmahor, médecin du pharaon, et remonteraient à 2300 ans avant JC. Selon une traduction réalisée au Musée de Londres, les hiéroglyphes sculptés au-dessus de la scène se lisent ainsi : Bénéficiaire : « Ne me fais pas mal. », Praticien : « Je ferai en sorte que tu me félicites. »

L’origine de la réflexologie viendrait également, selon certains témoignages, des Incas, au Pérou, environ 12000 ans avant J.-C., qui pratiquaient le massage réflexe des pieds. Certaines techniques plantaires sont toujours utilisées aujourd’hui par des ethnies de l’Amazone, en particulier pour redonner de l’énergie (recherches personnelles).

 

En Chine, ces stimulations plantaires permettent de rétablir et/ou optimiser la circulation du qi, énergie vitale, dans l’ensemble de l’organisme et les points et zones travaillées sont basées sur la circulation énergétique au niveau des méridiens, et non sur la circulation neuro-vasculaire, comme c’est le cas pour les méthodes occidentales

Des planches expliquant le lien entre certaines zones des pieds et les organes internes ont également été découvertes en Inde. Le massage plantaire (padabhyanga) joue un rôle important dans la médecine ayurvédique (Ruth Hull, 2011).

 

Les Indiens Cherokee d’Amérique du nord pratiquaient les techniques de stimulation plantaire. En effet, Jenny Wallace, une native praticienne du massage thérapeutique plantaire dans sa tribu, explique que "Nos pieds marchent sur la terre et grâce à cela, notre esprit est relié à l'univers.". (Christine Issel, 1993).

 

Enfin, de nombreux travaux ont été conduits par le Professeur Bui Quoc Chau, acupuncteur, au Vietnam, et c’est en 1980 qu’il établit une cartographie complète du corps humain sur les pieds. Contrairement à la méthode Fischmann, les techniques de stimulation de ces points réflexes sont uniquement instrumentales (bâton et roulette par exemple).

 

En occident, les traces écrites les plus anciennes concernant l’existence de zones réflexes remontent à la fin des années 1580.

 

C’est en 1916 que le Docteur Fitzgerald (ORL) développe la théorie des zones longitudinales : il découvre en effet qu’en découpant le corps en différentes zones, la stimulation de l’une d’elles à un endroit donné avait un effet analgésique sur tout ce qui se trouve dans cette zone longitudinale correspondante.

En 1925, le Docteur Joe Shelby Riley et la physiothérapeute Eunice Ingham, des collègues, étendent ces techniques à tous les types de soins thérapeutiques. Ingham en viendra à développer la méthode de stimulation plantaire et palmaire qui porte son nom. 

 

Nombreux sont ceux qui reprirent ces travaux et apportèrent des contributions. On peut citer parmi eux, Hanna Marquardt qui facilite le repérage sur le pied grâce à la division de celui-ci en quatre zones transverses.

 

En France, le Docteur Jean Bossy a conduit des travaux de recherche de référence pour expliquer les mécanismes de la stimulation réflexe, en neurophysiologie.

 

La directrice de formation Sonia Fischman a développé sa propre méthode, en intégrant ses différentes formations (Ingham, Bui Quoc Chau, Barbier), ses intérêts pour la méthode chinoise et les travaux du Professeur Bossy et ses 15 années de pratique en cabinet. Depuis 2008, elle enseigne se méthode, qui mêle ces différents expériences, et allie stimulations instrumentales et techniques manuelles, plus nombreuses que dans le cas de la stimulation auriculaire

Papyrus769px.jpg

LA REFLEXOLOGIE PALMAIRE

Tout comme la stimulation plantaire, des traces très anciennes de techniques de stimulation palmaire ont été retrouvées en Egypte (voir II.2.).

 

Ces techniques font aussi partie de la médecine traditionnelle coréenne avec les découvertes

de la stimulation de certains points sur les doigts par le Professeur Tae-Woo Yoo en 1971. Ses

travaux lui permirent de proposer une cartographie complète des méridiens au niveau de la main.

Dans celle-ci, la face palmaire correspondrait à la partie antérieure du corps et la face dorsale à

la partie postérieure.

Au Vietnam, le Professeur Bui Quoc Chau présente en 1980 ses cartographies complètes palmaire et plantaire. Dans sa méthode, la représentation de l’innervation des organes situés dans la partie droite du corps comme le foie et la vésicule biliaire par exemple, se trouve sur la main gauche. La stimulation se fait à l’aide d’instruments.

 

En Occident, l’histoire de la stimulation palmaire se construit de la même façon que la

stimulation plantaire, et par les mêmes acteurs (voir II.2). Les traces écrites sur l’existence

de zones réflexes remontant, comme dans le cas de la plantaire, aux années 1580. Les

travaux du Docteur Fitzgerald aux Etats-Unis, sur les zones longitudinales sont repris et

développés par Eunice Ingham. En Allemagne, Hanna Marquardt propose, comme pour

le pied, un découpage de la main en plusieurs sections afin de faciliter le repérage, et en

France, le Docteur Bossy publie de nombreux ouvrages sur la théorie de la stimulation réflexe.

Sonia Fischman enseigne sa méthode palmaire depuis 2008. Celle-ci est inspirée des méthodes auxquelles elle s’est formée (Ingham, Bui Quoc Chau) et de son intérêt pour la méthode coréenne et les recherches du Professeur Bossy. La stimulation de la main permet parfois de montrer encore plus de bienveillance à l’égard du bénéficiaire, notamment en cas de fragilité (émotionnelle ou physique) de celui-ci.

Coreenne hand.jpeg
Fitz Hand_edited.png

LA REFLEXOLOGIE FACIALE

Dans les pays occidentaux, comme la France, on peut bénéficier de nombreuses méthodes de stimulation faciale venues d’Orient.

 

En Chine, les points d’acupuncture peuvent être stimulés sur tout le corps mais ceux situés au niveau du visage sont particulièrement stimulés dans le traitement des sinusites par exemple. Ces points ont notamment pour but d’agir sur le nerf crânien trijumeau (NCV) qui contrôle la sensibilité de la face.

 

La stimulation faciale est également utilisée pour l’esthétique, afin de rajeunir le visage. Hommes et femmes peuvent profiter de ce lifting à titre préventif comme curatif, en quatre séances d’acupuncture. Au Japon, la méthode Kobido, ancienne technique de massage datant du XVe siècle, et signifiant « ancienne voie de la beauté », est couramment utilisée. Cette technique, basée sur les méridiens et les points d’acupuncture, permet un drainage lymphatique du visage, lui donnant un aspect rajeuni.

 

Au Vietnam, le Professeur Bui Quoc Chau a développé des techniques de stimulation sur tout le corps, mais la stimulation faciale reste, en Occident, la partie la plus connue de sa méthode, le Dien Chan Lieu Quen Lieu Phap. Celle-ci est pratiquée à l’aide d’instruments. Les points réflexes figurés sur la cartographie complète établie en 1980 sont la représentation de l’innervation des différents organes du corps. Sonia Fischmann découvre le Dien Chan en 2004 et constate la grande efficacité de cette méthode pour la gestion de la douleur.

Sonia Fischmann enseigne depuis 2007 sa propre méthode de réflexothérapie faciale, basée sur son expérience avec le Dien Chan et sur plus de dix années de pratique en cabinet. Celle-ci vise à gérer les troubles de façon rapide et efficace tout en proposant une alternative à l’utilisation d’aiguilles ou autres outils invasifs, d’autant plus que la stimulation se fait sur le visage. Le visage est le plus innervé des microsystèmes, après l’oreille

dien chan bonhomme.jpg
dien chan points 2.jpg

LA REFLEXOLOGIE DORSO-CRANIENNE

De nombreuses méthodes venues de pays orientaux sont à l’origine de la simulation dorso-crânienne pratiquée en Occident.

 

Le champissage, ou massage indien du crâne, est introduit en Angleterre par Narendra Mehta

au début des années 1970. Ce physiothérapeute et ostéopathe, aveugle depuis l’âge d’un an,

développe une faculté de toucher très sensible et s’inspire de son expérience et de la thérapie

traditionnelle indienne du champi, pratiquée depuis près de 1000 ans dans le cadre de la médecine

Ayurvéda, elle-même existante depuis plus de 3000 ans. Sa méthode vise à procurer une profonde

détente, gérer des tensions et rétablir la circulation de l’énergie dans le corps. Cela se pratique

sur vêtements, en exerçant des pressions sur différents points du crâne, mais aussi des oreilles, de

la nuque, du visage et des épaules.

Au Vietnam, le dos, comme les microsystèmes présentés précédemment, fait partie intégrante de la cartographie du corps proposée par le Professeur Bui Quoc Chau en 1980. Sa méthode, le Dien Chan, consiste en la stimulation de ces points à l’aide d’instruments (roulette, marteau etc).

 

Au début des années 2000, Sonia Fischmann découvre tout d’abord le Tuina (massage chinois), puis le champissage et le Dien Chan. Intéressée par le succès de la pratique de ces différentes méthodes pour détendre le dos, elle axe ensuite ses recherches sur les processus physiologiques et les correspondances des innervations rachidiennes pour faire le parallèle entre courants orientaux et occidentaux.

 

Depuis 2007, Sonia Fishmann enseigne sa méthode de stimulation réflexe dorsocrânienne.

narendra.jpg